Charles CRESSENT, d'après - Lot 90

Lot n° 90
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Estimation :
10000 - 15000 EUR
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Résultat : 16 250EUR
Charles CRESSENT, d'après - Lot 90
Charles CRESSENT, d'après Importante commode « à la Régence » en placage de satiné, bronze ciselé et doré ouvrant par deux tiroirs de long à fonçure de chêne. La façade et les côtés mouvementés présentent un décor marqueté de pointes de diamants et de croisillons dans des encadrements. Le tiroir supérieur et inférieur sont ornés d'un masque de Diane pour le premier et d'une large entrée de serrure aux dragons cabrés pour le second. Les côtés sont embellis de palmettes. Les montants droits, courbes et pincés pour les antérieurs, sont enrichis d'espagnolettes coiffées d'aigrettes. Ils reposent sur des pieds cambrés munis de sabot à pates de lion. Dessus de marbre rouge de France à corbin. Paris. En partie d'époque XVIIIe. Circa 1770. H_ 87,5 cm; L_ 148 cm; P_ 64 cm Charles Cressent Amiens (Somme), 16 décembre 1685 - Paris, 10 janvier 1768 Nous devons à l'immense talent de Charles Cressent, artiste à la double formation d'ébéniste et de sculpteur, en activité de 1719 à 1756, des meubles reconnaissables par leurs lignes et par l'originalité et la qualité de leurs bronzes dorés. Charles Cressent est reçu maître-sculpteur à Paris en 1714 puis entre à l'atelier de l'ébéniste Joseph Poitou. À la disparition de ce dernier en 1719, il épouse sa veuve et reprend l'atelier de la rue Notre Dame des Victoires, héritant du titre d'ébéniste du Régent. Cressent dessine les meubles et crée les modèles des bronzes exécutés sous sa direction, affrontant les corpo¬rations de fondeurs et doreurs. Artiste à la très grande notoriété, il travaille pour les Orléans, pour le roi de Portugal Jean V et l'Électeur de Bavière Charles-Albert ainsi que pour les grands amateurs parisiens, les financiers et les hauts fonctionnaires. Il opte pour une marqueterie simplifiée. Le placage de toutes ces commodes consiste presque toujours en un frisage de satiné disposé en chevrons, opposés ou concentriques, dessinant parfois des losanges et pointes de diamant sur lequel se développe le prépondérant décor de bronze doré. Charles Cressent a excellé dans la fabrication des commodes qui forment la majeure partie de la production de Cressent et marquent l'ébénisterie de son temps. Meubles d'invention récente, elles connaissent à partir des années 1720 une vogue qui va aller en s'amplifiant au cours du XVIII siècle, devenant un meuble d'apparat qui régnera en bonne place dans les chambres à coucher et même, plus tard, dans les salons et les boudoirs. Charles Cressent produit dès les années 1720 des commodes hautes sur pied, appelées "à la Régence" où la division des tiroirs est disposée sur deux rangées séparées par une traverse de bois et par des de larges plates-bandes de bronze doré destinées à protéger les arêtes. Les compositions sont alors centrées par des masques de bronze empruntés à la mythologie classique, ou par des motifs mosaïqués. Les archétypes restent, bien entendu, les œuvres produites alors dans l'atelier de Boulle, très admirées des contemporains et collectionnées par des financiers parisiens qui deviendront très vite eux aussi les clients de Cressent, Crozat par exemple. Le prototype de cette série de commodes « à cadres de bronze doré » est l'exemplaire du musée de Meaux. Sur tous les meubles de cette série se retrouvent les mêmes plates-bandes de bronze doré encadrant les tiroirs, avec leur forme caractéristique dans le dessin des angles arrondis et les motifs ajourés en cœur au centre des côtés. On trouve au centre et sur les côtés des mêmes commodes plusieurs modèles de masques que Cressent utilise par ailleurs aussi bien sur les armoires et les bureaux plats. Un masque de Diane orne celle de la vente Surmont ou deux autres vendues à Paris, l'une en 1968, l'autre en 1970, un masque de barbu de Bacchus se retrouve sur la commode de Meaux, un masque de bacchante au visage rond, coiffée de raisins, orne la commode conservée en Bourgogne, un masque d'Apollon ou Daphné coiffé de laurier orne la commode de l'ancienne collection Sade et celle de l'ancienne collection Saint-Alary. Cressent utilisera des modèles d'entrées de serrures différentes, un modèle original, formé de chevaux marins ou de dragons cabrés, un gros cartouche tel le bureau de Dupleix et de la commode de Meaux, et un autre modèle en forme d'un écu orné de cornes d'abondance et surmonté d'un dragon qui
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